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Écoquartier : pourquoi aménager dans un quartier durable ? 

Aménager dans un écoquartier peut être un moyen de faire sa part dans la transition écologique. En intégrant des solutions durables et économiques, les écoquartiers offrent aussi à leur habitants des possibilités de réduire leur consommation d’énergie. Prêt à déménager dans un espace pensé pour ses vertus écologiques et sociales ? Suivez notre guide pour tout savoir sur l’urbanisme de demain. 

Qu'est-ce qu'un écoquartier ?

L’écoquartier est une zone urbaine qui intègre les exigences du développement durable. Ainsi, un projet d’urbanisme peut se développer autour d’objectifs écologiques, sociaux et économiques. Par exemple, le quartier doit offrir  :

  • un potentiel économique
  • des performances environnementales (gestion des déchets, matériaux de construction verts, mode de chauffage propre, énergies renouvelables, etc.)
  • une mixité sociale facilitant la vie de tous ses habitants (logements, commerces, transports, etc.)

Les pouvoirs publics ont précisé les choses et même créé un label écoquartier et un référentiel écoquartier. En 2009, la loi Grenelle 2 crée un plan ville durable et initie la démarche écoquartier. 

Éco-quartier ou écoquartier ? Si l’on se fie aux sites gouvernementaux, la bonne orthographe est écoquartier. Les grands dictionnaires français acceptent les deux acceptions… Aussi, dans cet article, nous utiliserons la version “écoquartier”.

Le cadre des Objectifs de développement durable de l'ONU

Trouver l’équilibre entre économie, social et environnement ! Le concept d’écoquartier se base, tout comme la RSE (responsabilité sociétale des entreprises) sur les 17 objectifs de développement durable (ODD) édictés par l’ONU (Organisation des nations unies), dans le cadre de l’agenda 2030.  

Le guide de l'aménagement durable : la bible de l'écoquartier 

En parallèle du référentiel écoquartier, le gouvernement met à disposition de tous un guide de l’aménagement durable (1). Les acteurs de l’urbanisme, les collectivités territoriales et les habitants y puisent de bonnes idées pour améliorer l’urbanisme d’un quartier ou d’un village. 

Les plus courageux ou les plus ambitieux iront jusqu’au bout de la démarche écoquartier pour obtenir la labellisation.  

Quelles sont les 4 dimensions du référentiel écoquartier ? 

Rendre les villes plus agréables et plus durables est un vaste projet ! Les acteurs pleins de bonne volonté ont besoin d’une aide dans leur démarche écoquartier, sans parler de la labellisation.

Mélanger économie, social et environnement donne un panel immense de possibilités. Or, trop de choix tue le choix ! Pour réussir à créer un habitat collectif durable, les pouvoirs publics devaient donner aux acteurs des clés lisibles pour passer à l’action, étape par étape. C’est l’objectif des 4 dimensions de l’écoquartier, qui détermine les 20 engagements autour de la construction et de l’habitat. 

Dimension 1 : démarche et processus de création d'un écoquartier

Cette première dimension recouvre l’aspect gestion de projet autour de grandes questions : 

  • Comment créer un écoquartier à tel endroit en tenant compte des spécificités locales ? 
  • Quels sont les besoins des habitants ? Écouter les habitants et les usagers de la ville est une étape essentielle pour que l’écoquartier soit une réussite
  • Qui fait quoi ? Définir les rôles de chacun, le pilotage du projet, les grandes étapes
  • Combien coûtera la création de l’écoquartier ? Une approche en coût global est suggérée
  • Comment savoir si on avance dans le bon sens ? Prévoir une évaluation du projet et des possibilités d’amélioration continue

Dimension 2 : le cadre de vie et les usages de l'écoquartier

L’idée phare est de concilier la limitation de l’artificialisation des sols avec la qualité de vie des habitants : 

  • Favoriser le renouvellement urbain plutôt que la construction ex nihilo : la plupart des démarches écoquartiers partent de la reconstruction de quartiers vieillissants ou de zones en friche
  • Prévoir une densité urbaine acceptable et souhaitable : vivre les uns sur les autres en ville est inévitable, jusqu’à un certain point… 
  • Développer le vivre ensemble : inclusion et solidarité régissent l’écoquartier, pensé comme un microcosme dans lequel chacun doit se sentir bien. Cela passe aussi par des lieux de partage et d’échanges pour éviter l’isolement des habitants. 
  • Créer un cadre de vie propice à la santé et au bien-être : lutte contre les nuisances et les pollutions, notamment lumineuses, faciliter la pratique de sports à tout âge, etc. 
  • Valoriser le patrimoine et l’histoire des habitants et de la ville

Attention : le concept d’écoquartier n’est pas réservé aux métropoles denses. De plus en plus de petites villes se lancent dans l’aventure de l’écoquartier. 

Dimension 3 de l'écoquartier : le développement territorial

  • L’aspect économique est essentiel pour soutenir la vie des quartiers : diversifier l’économie existante, favoriser la création d’emplois locaux et la reconversion de filières non soutenables
  • Développer des commerces mobiles et de proximité, des lieux de culture et de sport pour rendre agréable la vie dans son quartier
  • Faciliter la consommation locale, les circuits courts et respectueux de l’environnement, l’économie sociale et solidaire (ESS) 
  • Encourager les mobilités durables et actives : marche à pied, vélo en toute sécurité avec des infrastructures adaptées
  • Assurer une transition numérique pour faciliter la vie de tous les habitants d’un écoquartier

Dimension 4 : l'environnement et le développement durable de l'écoquartier

  • S’adapter aux conséquences du dérèglement climatique et prévenir les effets en ville
  • Favoriser la sobriété énergétique et l’emploi d’énergies renouvelables et propres. Choisir une énergie verte, opter pour un fournisseur d’énergie engagé, voici quelques exemples qui nous parlent !
  • Limiter la production de déchets, favoriser le réemploi et le recyclage 
  • Préserver la gestion de l’eau
  • Restaurer le respect de la nature et des écosystèmes (sols, biodiversité et milieux naturels)

Quels sont les cinq piliers ou les cinq secteurs caractéristiques d'un écoquartier ?

Cela peut sembler une liste à la Prévert difficile à concrétiser au sein d’un projet immobilier d’urbanisme ! Pour simplifier l’approche, certains regroupent les principes de l’écoquartier autour de 5 piliers : 

  • Habitation : construire des logements économes en énergie, des BBC (bâtiment basse consommation), le choix d’un fournisseur d’électricité verte et locale, la production d’énergies renouvelables comme les panneaux photovoltaïques, etc. 
  • Mobilité douce : faciliter les déplacements à pied, en vélo ou en transports collectifs non polluants
  • Gestion des déchets : exploiter le RRR (réduire, réutiliser et recycler)
  • Végétalisation : penser la ville de demain face au dérèglement climatique, avec une végétalisation qui absorbe le CO2 et rafraîchit les quartiers. 
  • Propreté et eau : améliorer la propreté et récupérer les eaux de pluie

C’est un peu réducteur face à tous les enjeux d’un écoquartier… mais c’est plus simple à expliquer ! 

Tout savoir sur le label écoquartier

La procédure de labellisation des écoquartiers a évolué en 2023. Désormais, les porteurs de projet passent par l’étape écoprojet pour bénéficier d’un accompagnement tout au long du chantier.

Les labels “écoquartier livré” et “écoquartier vécu” répondent à une logique de millésime. Pour les obtenir, des objectifs de performance qualitatifs et quantitatifs autour d’une vingtaine d’indicateurs sont à atteindre. 

L'écoquartier dans le monde

Dans le nord de l’Europe, on voir fleurir des proto-quartiers à l’initiative d’habitants militants. On pense alors à Bo01 à Malmö (transformation d’anciens docks du port pour l’exposition sur la ville du futur en 2001) ou à Hammarby Sjöstad à Stockholm (transformation d’anciens quartiers industriels). Ces projets bénéficiaient déjà d’investissements publics importants.  

Ecoquartier Bo01 à Malmö
Ecoquartier Bo01 à Malmö, Suède - By Johan Jönsson (Julle) - Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=61435729

A Londres, le projet BedZED (Beddington Zero energy fossil developement) est un quartier de 82 logements et 2500 m2 de bureaux et commerces. C’est surtout le premier quartier de cette taille à afficher une telle efficacité énergétique !

L’autre grande puissance, la Chine, abandonnera son premier projet dantesque. Un projet de création d’une ville verte pour l’exposition universelle de Shangaï en 2010 ne verra pas le jour : Dongtan était un projet ambitieux et cher, finalement abandonné. Vouloir créer immédiatement une ville entière est trop ambitieux, même pour la Chine. 

Où trouver un écoquartier en France ?

Depuis 2013, plus de 500 écoquartiers profitent du label ou sont en cours d’obtention. Souvent, les écoquartiers poussent au sein d’autres programmes d’urbanisme comme les quartiers “politique de la ville”, “action coeur de ville”, “petites villes de demain”. 

Le premier écoquartier labellisé en France est la ZAC de Bonne à Grenoble. Autour d’un parc de 5 hectares, 850 logements, 5 000 bureaux et 15 000 commerces profitent d’aménagements durables : centrale photovoltaïque placée sur le toit du centre commercial, gestion des déchets, contrôle de la consommation d’eau, espaces verts, etc.

Dès sa création en 2013, 13 lieux reçoivent le label écoquartier. Citons parmi eux, Wolf Wagner à Mulhouse, Fréquel-Fontarabie et Claude Bernard à Paris, ou encore les Rives de la Haute-Deûle à Lille.

Présentation d’une partie de l’écoquartier des Rives de la Haute-Deûle à Lille.

Nul besoin d’un projet aussi pharaonique que celui de Grenoble ! Désormais des friches industrielles plus petites se transforment en quartiers durables aux quatre coins de la France : 

  • près de Rouen, une ancienne ferme devient un parc de logements et de services publics
  • dans le bassin d’Arcachon, l’écoquartier des portes du Pyla voit le jour à la place d’un ancien hôpital
  • à Rosny-sous-Bois, c’est à 100 mètres de la gare que se développe un écoquartier sur les friches de l’ancienne gare de marchandises

Aujourd’hui, vous trouverez sans doute un écoquartier dans votre département, y compris en Outremer. La région parisienne, à la densité la plus forte, regorge de projets. Un nouveau livre blanc prévoit déjà l’écoquartier 2030 autour de 9 ambitions (2)… Bref, l’écoquartier est une notion en perpétuelle réinvention

3 avantages de la vie dans un écoquartier 

Vous avez envie de rejoindre un quartier durable ? Il est temps d’apprécier les avantages d’un écoquartier : 

  • vivre dans un écoquartier offre une qualité de vie et un confort autour des piliers du développement durable : économie, social et environnement. 
  • c’est un bon moyen de préserver la santé de vos enfants qui vivront les conséquences du réchauffement climatique. En outre, ils profitent des mobilités douces, grandissent avec de véritables pistes cyclables sécurisées, etc.  
  • la vie dans un écoquartier est aussi économique, un avantage intéressant en période d’inflation ! La construction des écoquartiers offre une diminution de votre consommation d’énergie. Par exemple, la consommation moyenne à Hammarby (Stockholm) est de 60 KWh (kilowattheures). Cela représente entre 3 fois et 5 fois moins que la consommation moyenne en France… 

3 inconvénients des écoquartiers ? 

Sur le papier, l’écoquartier fait rêver mais qu’en est-il en réalité ? Plusieurs inconvénients sont à signaler. 

Tout d’abord, la création d’un écoquartier prend du temps. De multiples intervenants doivent se mettre d’accord : collectivités territoriales, constructeurs, urbanistes, habitants. Tous n’ont pas le même objectif et des imprévus peuvent survenir entre le démarrage du projet d’écoquartier et le moment où les premiers citoyens s’installent…

Comme tout secteur en mutation, les critères de performance énergétique, d’écoconstruction de bâtiments peuvent déjà rendre obsolètes des écoquartiers, avant même d’être sortis de terre. Il n’y a qu’à consulter la réglementation relative au logement face au développement durable pour comprendre la complexité ! Et cela n’encourage pas les investisseurs privés, qui peuvent se montrer hésitants face à des projets sans aucune sécurité juridique. 

Enfin, on ne vit pas seulement dans son quartier. Les détracteurs regrettent l’absence de politique globale des villes et le risque d’isolement entre un nouvel écoquartier et le reste de l’agglomération vieillissante. Oui… mais dans ce cas, on ne changera jamais nos villes ! 

L’écoquartier n’est sans doute pas la solution unique aux enjeux d’adaptation au changement climatique. C’est une pierre, une possibilité, un axe d’amélioration. 

(1)https://www.ecologie.gouv.fr/guide-lamenagement-durable

(2)http://www.ecoquartiers.logement.gouv.fr/demarche/ecoquartier-2030/

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